Volonté d’emprunter

Img Student Mtg2De nombreuses raisons donnent du poids à une participation accrue et élargie aux études postsecondaires (ÉPS). Selon les projections gouvernementales sur les professions, ce seront surtout des candidats qui auront effectué des études postsecondaires qui décrocheront les emplois à l’avenir. Toutefois, les tendances démographiques indiquent que dans vingt ans, un nombre considérablement moins élevé de Canadiens et de Canadiennes seront d’âge postsecondaire.

L’étude sur la volonté d’emprunter s’est servie d’indicateurs de la sensibilité au prix et de l’aversion pour les prêts, déduits expérimentalement, afin d’examiner dans quelle mesure les élèves du secondaire souhaitent entreprendre des ÉPS. Elle se concentrait sur les groupes d’élèves traditionnellement sous-représentés aux ÉPS, soit ceux issus de familles à faible revenu, de familles n’ayant aucun antécédent d’études supérieures et de Premières nations. Les participants recrutés dans 12 écoles situées dans quatre provinces étaient soit en dernière année du secondaire, soit en première année de CÉGEP (collège d’enseignement général et professionnel).

Afin d’établir leurs préférences d’investissement dans les ÉPS, les participants devaient choisir entre divers modes de financement des ÉPS à temps plein (prêts, bourses ou une combinaison des deux, d’un maximum de 4 000 $) et des montants d’argent considérables quoiqu’inférieurs (jusqu’à 700 $). Ils ont été informés qu’ils seraient rémunérés à la fin de la séance pour l’un de leurs choix, sélectionné au hasard.

Le coût des subventions aux ÉPS a été manipulé expérimentalement en variant les sommes d’argent comptant auxquelles les participants devaient renoncer immédiatement pour choisir différents montants et types d’aide financière. Par sensibilité au prix, on entend le taux selon lequel le choix du type d’aide financière chutait en fonction de l’augmentation du coût. Un indicateur de l’aversion pour les prêts a été déduit en se basant sur le fait que certains choix offraient aux participants des bourses indépendantes, tandis que d’autres offraient une bourse du même montant, jumelée à des prêts facultatifs. Lorsque les participants optaient pour des bourses indépendantes, on considérait qu’ils étaient contre les prêts.

Les participants et leurs parents ont en outre répondu à des enquêtes, ce qui a permis d’établir des rapports entre la sensibilité au prix, l’aversion pour les prêts et une série de caractéristiques individuelles. En général, l’étude démontre que la demande d’aide financière diminuait en fonction du coût. C’était plus évident pour les groupes sous-représentés qui démontraient une plus grande aversion pour les prêts. Les écarts dans la sensibilité au prix et l’aversion pour les prêts s’expliquaient en partie par les notes générales et les notes d’aptitude (arithmétique), mais des facteurs tels que le taux d’escompte et le coût perçu des ÉPS étaient aussi importants.

L’étude sur la volonté d’emprunter a été menée en collaboration avec le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) et a été financée par la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire.