Qu'est-ce que l'assignation aléatoire?

Il est généralement reconnu que les estimations les plus fiables des répercussions d’un programme naissent des expériences sociales, dont l’assignation aléatoire représente la caractéristique essentielle.

L’assignation aléatoire est un outil puissant qui sert à déterminer l’efficacité de nouveaux modèles pour la formulation des politiques. Pour connaître l’effet réel d’un programme, il faut savoir ce que les gens auraient fait de leur propre chef en l’absence de ce programme.

Dans le cadre de l’évaluation d’un programme axé sur la transition entre l’aide sociale et le marché du travail, par exemple, on doit reconnaître que des gens quittent sans cesse l’aide sociale, aussi bien grâce à leurs propres efforts que par l’entremise des programmes et services en place. Considérés isolément, ces résultats surestiment toujours les réalisations des programmes, car tous les progrès observés sont portés au compte de ces réalisations, et on ne peut établir dans quelle mesure chacun de ces résultats découle véritablement du programme plutôt qu’il ne représente tout simplement ce que les participants auraient accompli de leur propre initiative, sans l’aide du programme. Ceux et celles qui doivent prendre les décisions doivent savoir quelle différence le programme fait. C’est cette différence qui mesure l’impact du programme — la modification d’un résultat qui dépend uniquement du programme.

En étudiant le comportement d’un groupe de référence qui ressemble étroitement à celui des participants au programme, on peut déterminer ce que les gens auraient fait de leur propre chef, abstraction faite de l’environnement économique ou d’autres facteurs qui pourraient entrer en jeu. La meilleure façon de constituer un tel groupe de référence consiste à recourir à l’assignation aléatoire. Au départ, le choix se porte sur un ensemble de personnes qui satisfont toutes aux critères de sélection établis pour le nouveau programme, on fait ensuite appel aux techniques aléatoires pour assigner chaque membre de cet ensemble au groupe admissible au programme et au groupe qui n’y sera pas admissible. Les membres de ce dernier serviront de point de comparaison aux fins de l’évaluation et formeront ce qu’on appelle un « groupe témoin ».

De façon générale, l’assignation aléatoire est le moyen le plus sûr de faire en sorte que les caractéristiques des participants au programme et des membres du groupe témoin soient à peu près identiques en tous points — employabilité, scolarité, antécédents vis-à-vis de l’aide sociale, etc. Dimension encore plus importante, elle garantit que les deux groupes sont à peu près identiques du point de vue de caractéristiques non mesurées (et peut-être non mesurables) comme l’intelligence et la motivation. Lorsqu’on compare l’expérience des participants au programme à celle des membres du groupe témoin dans le temps, on peut conclure que tout écart observé entre les deux groupes est attribuable au programme.

Non seulement l’assignation aléatoire produit-elle un point de référence optimal pour mesurer l’impact d’un programme, mais le caractère aléatoire même de cette technique s’avère également souvent le moyen le plus juste d’attribuer les places peu nombreuses qu’offre le programme. L’assignation aléatoire permet en effet de donner à tous les membres du groupe de départ une chance égale d’être admis au programme et d’écarter les formules de sélection discriminatoires — où les choix se portent souvent sur les candidats les plus volubiles, ou encore sur les personnes qui peuvent le plus facilement prendre des dispositions pour la garde des enfants ou le transport, ou qui sont considérées comme les « meilleurs » candidats par les administrateurs du programme.

Grâce à la rigueur des méthodes employées par la SRSA, les décideurs et les intervenants peuvent avoir confiance dans les résultats de ses travaux. Par conséquent, ils peuvent consacrer plus de temps à discuter de leur portée dans le domaine de la politique sociale qu’à se demander s’ils sont plausibles.