Données probantes récentes tirées de deux expériences canadiennes visant à accroître l'accessibilité aux études supérieures pour les jeunes défavorisés

5 juillet 2016

Ottawa, le 5 juillet 2016 – La Société de recherche sociale appliquée publie aujourd'hui les nouveaux résultats de deux projets de démonstration mettant à l'essai des programmes visant à accroître la participation aux études postsecondaires chez les jeunes qui traditionnellement sont moins susceptibles de poursuivre des études au-delà du secondaire.

Les deux projets, Un avenir à découvrir et La vie après le secondaire Colombie-Britannique, ont été menés en s'appuyant sur des essais randomisés – c.-à-d. en adoptant des méthodes hautement rigoureuses pour évaluer l'impact des programmes. Les deux projets combinés ont mobilisé la participation de près de 10 000 élèves dans trois provinces.


1. Un avenir à découvrir

Un avenir à découvrir comprenait deux interventions de programme qui furent mises à l'essai séparément et de façon combinée :

  1. Explorez vos horizons, qui consistait en des ateliers sur l'éducation au choix de carrière se déroulant après les cours et offerts en 10e, 11e et 12e années, et

  2. Fonds du savoir, qui fournissait des bourses pouvant aller jusqu'à 8 000 $ dans le but de poursuivre des études postsecondaires, à condition de terminer avec succès chaque année scolaire du secondaire. 

Un avenir à découvrir a d'abord testé ces interventions sur deux cohortes de 10e année successives au Nouveau-Brunswick et au Manitoba. L'étude originale, financée par la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire et achevée en 2012, suivait les participants jusqu'à leur deuxième année après l'école secondaire. En 2013, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a demandé que la SRSA suive les participants dans cette province pendant quatre années supplémentaires.

Le rapport publié aujourd'hui suit les étudiants jusqu'à leurs cinquième et sixième années d'études postsecondaires. Les résultats antérieurs montraient que chaque intervention et la combinaison des deux interventions augmentaient de façon significative l'inscription aux études postsecondaires parmi des groupes d'élèves traditionnellement moins susceptibles de poursuivre leurs études au-delà du secondaire. Grâce aux années supplémentaires de données, l'analyse va maintenant au-delà de l'effet de ces interventions sur le taux d'inscription et examine leur impact sur les taux de diplomation au postsecondaire.

Les impacts sur la diplomation au postsecondaire ont différé pour les deux programmes, comme c'était le cas antérieurement en ce qui concerne les impacts observés sur le taux d'inscription. Fonds du savoir (la promesse précoce d'une bourse de 8 000 $) avait eu des effets plus importants sur le taux d'inscription au collège, où les programmes sont généralement d'une durée plus courte. Les effets sur la diplomation furent exceptionnels : Fonds du savoir a presque doublé le taux de diplomation au postsecondaire (passant de 17 % à 31 %) parmi les étudiants de « première génération » dont les parents n'avaient comme études, au mieux, que leur secondaire.

Explorez vos horizons (les ateliers sur l'éducation au choix de carrière) ont poussé plus d'élèves à s'inscrire à des programmes universitaires, typiquement d'une durée plus longue. Toutefois, il n'y a toujours pas d'impacts significatifs sur les taux de diplomation au postsecondaire, même six ans après l'école secondaire.  

L'étude continuera de suivre les résultats sur l'éducation jusqu'en 2017, au moment où le rapport final devrait comprendre en plus les effets sur le marché du travail provenant de l'offre de ces programmes.

Lire la publication de 2016 : Un avenir à découvrir : Rapport des impacts du projet pilote sur les études postsecondaires – sixième année.

Le Rapport des impacts du projet pilote sur les études postsecondaires de 2012 comprend plus d'information de fond sur le projet.


2. La vie après le secondaire Colombie-Britannique

La SRSA a travaillé avec le Professeur Oreopoulos de l'Université de Toronto afin d'élaborer une intervention au secondaire beaucoup plus courte et appelée La vie après le secondaire, qui visait à accroître l'accessibilité aux études postsecondaires pour les élèves de 12e année.

Les théories de l'économie comportementale suggéraient que certains jeunes se heurtaient à des obstacles pour accéder aux études postsecondaires – comme l'inertie, le désintérêt et le manque de soutien disponible –, obstacles qui pourraient être surmontés en « poussant gentiment » les élèves ou en changeant la norme par défaut de façon à ce que tous les élèves soient encouragés à présenter une demande d'admission à un programme postsecondaire et une demande d'aide financière aux étudiants pendant leur cours réguliers en classe.

Avec le soutien financier d'Emploi et Développement social Canada, la SRSA a d'abord mis à l'essai ce nouveau modèle de programme « d'encouragement » dans 50 écoles secondaires de la Colombie-Britannique ayant les taux les plus bas de transition vers les études postsecondaires en 2011. Dans
trois ateliers se déroulant pendant la période scolaire, tous les jeunes finissants de 12e année ont été encouragés à choisir un programme postsecondaire, à faire une demande d'admission à ce dernier, en ligne et sans frais, et à remplir une demande d'aide financière aux étudiants. Les résultats initiaux publiés en 2013 n'étaient pas aussi encourageants que prévu; on notait seulement une faible hausse de l'admission à l'université (particulièrement pour les hommes) et un plus grand nombre d'étudiants recevant l'aide financière aux étudiants.

La Fondation Max Bell a généreusement apporté son soutien à une analyse plus poussée pour déterminer si les élèves étaient motivés à entreprendre des études postsecondaires ultérieurement en poursuivant leur secondaire pendant un an supplémentaire ou plus. Le rapport publié aujourd'hui suit les élèves pendant trois ans après l'école secondaire. Les effets du programme décelés auparavant se sont confirmés, ainsi que des résultats à plus long terme :

  • Dans l'ensemble, le programme n'a pas augmenté la diplomation au postsecondaire jusqu'à
    trois années après la fin du secondaire (couvrant généralement la diplomation au collège communautaire, mais pas la diplomation universitaire). Toutefois, pour des sous-groupes clés, notamment pour ces élèves généralement perçus comme peu susceptibles d'entreprendre des études postsecondaires, les taux de diplomation au postsecondaire ont augmenté de façon significative.

  • Les effets positifs étaient concentrés dans les écoles où la participation aux ateliers était la plus importante, soulignant ainsi l'importance de l'approche choisie en matière de prestation pour la réussite du programme.

Deux projets La vie après le secondaire supplémentaires furent lancés en Ontario en 2011 et 2013, avant que les résultats postsecondaires du projet original en Colombie-Britannique ne soient disponibles. Les premières leçons apprises de la mise en œuvre en Colombie-Britannique ont servi à améliorer les modèles mis en œuvre en Ontario. La SRSA prévoit publier les résultats de ces projets plus tard cette année.

Lire le rapport : Les effets à long terme d'aider tous les élèves qui terminent le secondaire à faire une demande d'admission au collège ou à l'université (en anglais seulement).


Pour plus d'informations sur Un avenir à découvrir ou La vie après le secondaire Colombie-Britannique, veuillez communiquer avec :

Reuben Ford (demandes en anglais)                         Jean-Pierre Voyer (demandes en français)
Directeur de recherche, SRSA                                      Président et chef de la direction de la SRSA
604-601-4082                                                                       613-237-3169
rford@srdc.org                                                                     jpvoyer@srdc.org